PASSER LES DOUANES AVEC UNE STOMIE

Quatre mois après mon opération qui a eu lieu en septembre 2011, j’ai décidé de quitter, l’instant d’une semaine, les durs froids de janvier pour m’envoler sous le soleil chaud de la République Dominicaine. Je ne m’étais posée aucune question avant de partir et ça ne m’avait pas vraiment frôlé l’esprit que l’on pourrait me questionner au sujet de ma stomie à l’aéroport. Mais c’est ce qui m’est arrivé. Au moment de passer les douanes, les agents sur place m’ont demandé ce que j’avais sur le ventre. J’étais surprise et un peu choquée, mais après tout ils ne faisaient que leur travail ! Je tentais de leur dire que j’avais une stomie, mais à ce moment-là, je n’avais aucune idée de ce qu’était le mot stomie en anglais, alors j’avais du mal à me faire comprendre. J’ai fini par leur montrer et j’ai vu dans leur visage qu’ils se sentaient un peu mal de m’avoir questionnée à ce sujet. Ils m’ont finalement laissée passer et je me suis envolée pour Puerto Plata.

Si je ne m’étais pas inquiétée avant de passer les douanes, c’est tout simplement parce que je n’avais jamais entendu d’histoires à ce sujet. Je n’avais alors jamais entendu des gens raconter qu’ils avaient manqué leur avion parce qu’ils avaient été retenu aux douanes, je n’avais jamais entendu quelqu’un dire qu’il avait dû enlever son appareillage devant les agents des douanes et je n’avais surtout jamais imaginé que des voyageurs faussement stomisés pouvaient dissimuler de l’argent ou des substances illicites dans l’appareillage.

Au mois d’octobre dernier, j’ai profité du mois de congé qui m’attendait pour partir à l’aventure. Passant par les aéroports de Québec, de Montréal, de Toronto, d’Edmonton, de Calgary, de l’Islande et de la Finlande, j’étais un peu nerveuse que l’on me questionne au sujet de ma stomie, mais j’étais préparée à ces questions. Et vous savez combien de questions j’ai reçu au final ? Aucune ! Pas une seule fois je n’ai eu à énoncer le fait que j’étais stomisée. Tout compte fait, ce n’est donc peut-être pas si probable que les douaniers vous questionneront lorsque vous déciderez de vous envoler vers votre destination de rêve.

Si j’avais des petits conseils à vous donner pour vous préparer à passer les douanes, ce serait les suivants :

  • Procurez-vous votre passeport de voyage auprès de l’Association québécoise des personnes stomisées. Ce document, que vous pouvez faire signer par votre médecin, indique et explique votre situation en sept différentes langues. Ce document pourrait donc vous aider à prévenir les questions qui pourraient vous être posées et à bien vous faire comprendre peu importe où vous vous trouvez dans le monde.
  • Si vous n’avez pas en main votre passeport de voyage, vous pouvez, avant votre départ, apprendre les termes médicaux principaux relatifs à votre situation en anglais ou dans la langue de votre destination.
  • Apportez dans votre bagage à main vos sacs et collerettes de rechange et les différents produits dont vous avez besoin lorsque vous changez votre appareillage, mais assurez-vous d’avoir dans ce bagage à main des contenants de liquides de moins de 100 millilitres et des collerettes prédécoupées ! Mettez vos petits ciseaux et vos plus gros contenants de liquides dans vos autres bagages.
  • Comprenez que les douaniers ne veulent pas mal faire. Ils sont là pour faire leur travail et assurer la sécurité, alors il ne sert à rien de leur en vouloir s’il vous questionne.

Mon dernier conseil, mais certainement le plus important, serait de ne pas laisser vos propres mésaventures aux douanes ou celles d’autres personnes stomisées vous empêcher de voyager. Oui il y a une chance que les douaniers vous posent des questions sur votre stomie, mais il y a également de fortes chances que tout se déroule bien, alors partez à l’aventure, allez découvrir le monde et souvenez-vous que votre stomie est avant tout là pour vous permettre de le faire, pas pour vous en empêcher !

Andréanne

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