ANA | YAN

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DES SYMPTÔMES SANS DIAGNOSTIC

C’est à l’âge de 39 ans que j’ai été opérée pour une stomie permanente découlant d’un cancer de la vessie. J’ai ce que l’on appelle une urostomie.

Lorsque les premiers symptômes sont apparus, approximativement un an avant mon opération, je m'entraînais depuis huit ans, et ce, de 3 à 4 fois par semaine. Vous comprendrez que j’étais en très bonne forme physiquement. Je travaillais, je pratiquais des sports, j'avais une vie familiale et sociale, etc. Un matin, je me suis levée avec les symptômes d’une infection urinaire : une envie perpétuelle d’aller à la salle de bain et une sensation de brûlure lorsque j’urinais.

Deux semaines ont passé avant que je me décide à aller consulter. Je croyais que les douleurs passeraient, mais elles ne faisaient qu’empirer. J’ai donc fait un test d’urine, mais le résultat s’est avéré négatif, aucune infection n’a été détectée. On m’a tout de même prescrit deux ou trois antibiotiques, mais aucun changement n’est survenu. La douleur était toujours présente, je ressentais une perte d'énergie soudaine et j’avais du mal à comprendre ce qui m'arrivait.

Quatre mois après le début de mes symptômes, j’ai été référée en urologie. J’ai refait un test d'urine et j’ai passé une cystoscopie. Toujours rien dans mes urines! Suite à la cystoscopie, l'urologue m’a dit que c'était la couche protectrice de ma vessie qui était détruite et qui me causait ces douleurs, probablement dû au fait que j’étais diabétique depuis 25 ans. On m’a alors prescrit des médicaments et on m’a redonné rendez-vous dans 2 mois.

Un mois plus tard, là ça allait mal! J’avais du sang dans mes urines et très vite le sang s’est présenté en caillots. Je souffrais énormément, je me vidais littéralement de mon sang, j’avais démissionné de mon travail, je ne voulais plus sortir et j’étais toujours très fatiguée. En bref, je n'avais plus de vie… J'ai revu l'urologue quelques fois, mais il me retournait chez moi et il ne me prescrivait pas de tests supplémentaires pour comprendre ce qu’il se passait.

Quelques semaines plus tard, je me suis présentée à l'urgence. J’ai expliqué mon histoire et précisé que ça durait depuis des mois. On m’a envoyé faire un uroscan pour finalement me dire que tout est beau, de ne pas m’inquiéter, que je n’avais pas de cancer. On m’a cependant donné un nouveau diagnostic : une cystite interstitielle. C’est un peu comme une maladie du ventre qui se présente par des douleurs au bas du ventre ainsi que des envies fréquentes et douloureuses d’uriner. L'urologue m’a alors traitée pour une cystite interstitielle et je l’ai vu à toutes les semaines pendant 5 semaines.

Pendant ce temps, ma condition se détériorait, surtout pour les caillots de sang. Douleurs constantes, perte d’appétit, perte de poids, peur, crises d'angoisse, plus rien n’allait! Mon conjoint m’a alors conduite dans un hôpital de Québec et on m’a prescrit une échographie à passer dans la semaine suivante. C’est cet examen qui allait enfin me permettre de comprendre ce qui me causait toutes ces douleurs; une masse avait perforé ma vessie.

À partir de ce moment, tout a déboulé. J’ai passé ma biopsie le lundi et j’ai été hospitalisée en attendant les résultats. Le mercredi, on m’apprenait que j'avais un cancer de la vessie et le vendredi, on m’apprenait que le cancer était localisé. J’allais donc pouvoir vivre sans douleur, mais je serais urostomisée de façon permanente.

Anick

Cet article est présenté par notre partenaire : Centre de stomie de la Mauricie