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LES TROIS TYPES DE STOMIE

Lorsque mon entourage me demande ce que je fais dans la vie, je leur réponds : Actuellement, je termine mon cours en stomothérapie. «Stomo-quoi?», me disent-ils, tous en cœur. Je ne peux éviter le rictus qui s’empare de mon visage puisque je devrai encore une fois expliquer ce que ça mange en hiver. Si vous avez lu mon article précédent, vous savez donc à quoi ça sert dans la vie une stomothérapeute.

Par la suite, vient le moment où je dois expliquer c’est quoi une stomie. Parce qu’en 2015, encore, même certains professionnels de la santé ne savent pas c’est quoi une stomie. Je mentirais en disant que même dans mes cours de sciences infirmières on abordait les stomies de long en large. On n’en parle pas assez! Dieu sait qu’on en voit des stomies dans notre pratique. Je me souviens encore de ma première journée au CLSC quand je devais changer un appareillage pour la première fois… La goutte de sueur froide sur le front, j’étais tellement stressée parce que je ne savais pas du tout si ce que je faisais était correct. C’est pourquoi dans cet article je démystifie les trois types de stomies.

Selon la régie de l’assurance maladie du Québec, en 2013,  il y avait 12 292 personnes porteuses de stomies permanentes. Il y a donc un paquet d’autres personnes porteuses de stomies temporaires non recensées au Québec. Pour la vie ou pas? Cela dépend toujours de votre maladie et de ce qui est préférable pour vous. Iléostomie, colostomie et urostomie sont les trois avenues possibles, selon la maladie. «Mais c’est quoi une stomie? Vas-tu finir par le dire?» En fait, le mot stomie provient du mot grec stoma. Stoma signifie «bouche» ou encore «abouchement». Les chirurgiens performent donc une «ouverture»  lorsque les voies naturelles ne sont plus aptes à éliminer les selles ou encore l’urine. Différentes maladies et complications peuvent mener à l’apparition d’une stomie. L’iléostomie et la colostomie sont des avenues possible lorsqu’on souffre de maladies inflammatoires de l’intestin, de cancer, de diverticulites, d’obstruction mécanique, d’incontinence réfractaire[…](St-Cyr & Gilbert, 2011). Ce sont des mots à 100 dollars qui peuvent vous donner bien des points au Scrabble! L’iléostomie est donc l’ouverture au niveau d’une partie nommée l’iléon, faisant partie du petit intestin.  Les selles produites par ce type de stomie sont plutôt pâteuses comme du gruau et sortent de façon intermittente. Il est possible d’excréter de 800 à 1000 ml par jour, puisque l’eau est normalement absorbée par le côlon. C’est pourquoi l’apport en eau doit être adéquat. La colostomie, quant à elle, peut être située à différents endroits; au niveau du caecum (caecostomie), du côlon ascendant (colostomie ascendante), du côlon transverse (colostomie transverse), du côlon descendant (colostomie descendante) et du côlon sigmoïdien (colostomie sigmoïdienne). L’endroit dépend encore une fois de l’endroit où touche la maladie. Plus la stomie est près de la fin du côlon, plus les selles y sont formées. Certaines personnes porteuses de colostomie retrouvent leurs mêmes habitudes intestinales qu’avant la chirurgie, c’est-à-dire que leur stomie fonctionne au même moment et le même nombre fois par jour qu’auparavant (lorsque leur intestin fonctionnait bien). L’urostomie peut devenir une option lors d’un cancer de la vessie, de cystites, de vessie neurogène… (St-Cyr & Gilbert, 2011). L’urostomie est donc une ouverture pour laisser passer l’urine et la collecter dans un sac puisque cela n’est plus possible avec la vessie. Ce type de stomie fonctionne presque constamment puisqu’il n’y a plus de vessie pour contenir l’urine créée par les reins. Il importe donc de boire beaucoup d’eau encore une fois et de reconnaître les signes d’infections urinaires. Lors du prochain article, j’expliquerai les chirurgies pratiquées pour créer une stomie, vous comprendrez donc probablement mieux le« pourquoi du comment », comme on dit! D’ici là, j’espère avoir répondu à vos points d’interrogations, apaisé vos angoisses ou tout simplement vous avoir fait dire : « Je vais me coucher moins niaiseux à soir ». Sachez que je suis disponible pour vos questions auxquelles je vais répondre avec un énorme plaisir.

Référence: St-Cyr, D. & Gilbert, D. (2011). Les stomies: partie 1, Perspective infirmière, septembre-octobre, p. 23-28.

Véronique

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