ANA | YAN

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Libération

Après mon iléostomie, mon système allait mieux. Mon cœur et ma tête n’ont pas suivi les mêmes pas. Je me suis sentie étrangère dans mon propre corps. Rapidement, j’ai compris que j’allais avoir besoin d’un coup de pouce.

Avant de trouver le bon appareillage, j’ai dû faire plusieurs essais et achats. J’ai passé beaucoup de temps chez le détaillant de produits, assez pour me faire appeler par mon prénom. J’ai été privilégiée de rencontrer une personne au service à la clientèle avec un cœur énorme et une patience illimitée pour répondre à mes questions, Christine pour ne pas la nommer. Je me sentais mieux lorsque je lui parlais, mais clairement je ne pouvais pas brailler sur le comptoir du service à chacune de mes visites. Avec elle, on a parlé d’alternative adaptée, soit les produits ANA. Arrivée chez moi, j’y ai jeté un œil, j’ai adoré le blogue. Derrière mon écran, je me sentais moins seule. J’y ai trouvé des trucs et des astuces qui me permettait d’enrayer de petits irritants, qui à ce moment, représentaient une montagne à mes yeux.

Je me suis déplacée à un évènement «portes ouvertes» de mon détaillant de produits de stomie. Je me suis dirigée à la table de ANA. Marie-Noël représentait l’entreprise. Je la connaissais seulement par le blogue. Je lui ai parlé, rapidement mes yeux s’emplissaient. En discutant, je me suis sentie comprise. Je ne croyais pas vraiment qu’une «ignorante assumée» pouvait comprendre et pourtant, c’était le cas. Nous avons parlé de la collaboration des gens du blogue et elle m’a remis sa carte d’affaires. Contente de ma rencontre, je suis retournée à la maison. Sur le chemin du retour, j’ai pensé à l’offre de collaboration, j’étais flattée, mais ce n’était pas pour moi, le blogue n’avait pas besoin de ma négativité.

À chaque moment que je me sentais moins motivée, plus découragée, je me rendais sur le blogue. La lecture épongeait ma peine. J’ai tenté plusieurs types de consultation pour m’aider psychologiquement, mais en vain. J’avais de la difficulté à verbaliser mes peines dans une plage horaire précise de rendez-vous.  Ma peine ne se cédulait pas dans une case horaire. Le blogue s’est donc avéré réconfortant, toujours là au moment quand j’en avais de besoin.

Quelques semaines plus tard, Marie- Noël est entrée en contact avec moi au sommet de mon désespoir. Être collaboratrice du blogue représentait un défi pour moi. Je devais clairement être mieux dans ma tête, être à l’image de ce que je réussissais à projeter. Son message était sans doute un signe que je devais garder le morale, l’écriture est libérateur m’avait-elle écrit. Alors, c’est à l’aide de trois choses bien précises que j’y suis arrivée ; boite de mouchoirs, papiers et crayon. À vrai dire, j’ai vomi ce que j’avais dans la tête. Aucun brouillon, aucun griffonnage, beaucoup de larmes et de soulagement. Le pouvoir d’extérioriser la boule noire que je trainais comme un boulet de canon était ce que j’avais de besoin.  L’écriture créait un vide, LE vide tant attendu. Mon histoire version papier était la clef de mon bien-être. Tout ça était déjà là, sous mon nez, mais j’étais tellement submergée que je n’y voyais rien.

 J’ai donc envoyé à Marie- Noël mon histoire sans hésitation. Écrire mon histoire, mon vécu, le partager m’aide grandement et qui sait, peut-être même quelqu’un d’autre!

 Joannie S.

Présenté par: ANA