ANA | YAN

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Stomie sans frontières

Voir de nouveaux paysages tous les jours, découvrir et vivre une nouvelle culture, déguster des mets typiques de différents pays, apprendre quelques mots dans différentes langues, se sortir de sa zone de confort, apprécier chaque moment d’un voyage à l’étranger… Ce sont des sentiments que tout être humain devrait avoir le droit de vivre.

Mon premier voyage en tant que stomisée était au Guatemala, environ 10 mois après ma colectomie totale. J’étais très excitée à l’idée de retourner voyager, enfin ! Mais j’étais surtout nerveuse.

LA PRÉPARATION

Mieux vaut être plus préparée que pas assez… Je me suis préparée pour toutes éventualités. J’ai donc fait plusieurs lectures, qui me conseillaient d’apporter un sac par 2 jours de voyages (ex : 20 jours de voyage=10sacs) et d’apporter quelques modèles différents au cas où mon sac habituel ne réagirait pas de la même façon avec l’humidité ou la température de ce pays. J’ai prédécoupé mes sacs et les ai apportés avec moi dans l’avion pour les protéger du froid des soutes à bagages (qui pourrait diminuer l’efficacité de la collerette) et pour en avoir de prêts si un incident se produisait dans l’avion. Sans oublier, j’ai mis mes petits ciseaux dans mon bagage enregistré, pour ne pas me les faire enlever aux douanes. Pour ma part, ça impliquait aussi d’apporter assez de désodorisant pour sac de stomie et des wetnaps. Une fois tout ça préparé, ça pesait une tonne et prenait la moitié de ma valise. Ce n’était pas idéal pour un voyage backpack.

L’appel de ma stomothérapeute était rassurant. Nous avons convenu que, oui, c’est important d’avoir plus de matériel que ce qui est requis habituellement, mais qu’il ne faut pas ambitionner.  Elle m’a conseillé d’apporter mon modèle préféré et m’a rassurée que tout ira bien avec celui-là.

LE VOYAGE

Préparation faite, je peux partir pour mon voyage au Guatemala.  Dès mon arrivée, j’ai senti que j’avais les intestins à l’envers. J’ai l’impression que les variations de pression lors des vols étaient difficiles pour mes intestins. J’avais aussi beaucoup de gaz. Rien que je ne puisse endurer… Puis, une fois rendue là-bas, j’ai enfin pu me laisser tenter à goûter à la culture, ainsi qu’à toute sorte de nourriture… Ce qui m’a menée à passer la nuit à l’hôpital en raison d’un blocage… (Vous pourrez lire mon prochain article sur les blocages dans les prochains mois.) Je crois qu’il est important de bien apprendre à se connaître en tant que stomisé(e) avant de faire ce genre de voyage. Les expériences au niveau des aliments devraient être faites avant d’entreprendre un voyage dans un pays où la nourriture est différente de la nôtre.

Mais rassurez-vous, en respectant bien vos restrictions et en faisant attention, vous devriez passer un beau voyage. J’ai eu ma leçon et en portant une attention particulière, j’ai fait de très beaux voyages les années suivantes. J’ai même constaté que c’était moins compliqué de voyager stomisée que ce que je m’étais imaginé. Je n’ai jamais eu de difficulté à trouver des toilettes pour vider mon sac. Bien sûr, dès que l’occasion se présentait d’avoir accès à des toilettes, j’en profitais. J’ai fait la même chose pour les changements de  mon appareillage. Je profitais des belles salles de bain des auberges jeunesse, même si, selon mes plans, j’aurais dû le changer 1 ou 2 jours plus tard. Dès qu’une salle de bain était à mon goût, je sautais sur l’occasion.

Un des inconvénients que j’ai constaté était le port du «backpack» sur mon dos avec la ceinture autour de la taille. Évidemment, la ceinture passe exactement sur le sac. De ce fait, dès que celui-ci est un peu gonflé, je ne me sentais pas à l’aise avec l’idée de serrer ma ceinture sur mes hanches. Je n’ai pas trouvé autre solution que de trouver des toilettes à ce moment.

Mais, malgré le poids plus élevé de mon «backpack», le fait de devoir faire plus attention à ce que je mangeais ou de penser au moment où je devais gérer mes sacs, je pense que personne ne devrait s’empêcher de voyager pour ça. Avec un peu de débrouillardise, tout se fait. On peut trouver des solutions pour n’importe quelle situation. 

Stéphanie

Présenté par notre partenaire: Premier Ostomy Centre