ANA | YAN

View Original

IL ÉTAIT UNE FOIS LE CANCER

Il était une fois… bien entendu lorsque nous entendons ces mots, la première chose qui nous vient à l’esprit est la fameuse histoire de la jeune demoiselle en détresse qui vécue heureuse et eut beaucoup d’enfants… mais nous devons nous entendre sur une chose, dans la réalité les contes de fées n’existent malheureusement pas et sincèrement je n’en ai jamais connus qui racontent l’histoire d’une princesse combattant un cancer ou encore celle d’un prince portant une stomie… La beauté de la chose est-elle que dans la réalité nous pouvons bâtir notre propre histoire et c’est ce qui fait de nous des personnes aussi exceptionnelles. Il y a quatre mois déjà, je croyais vivre mon conte de fées, jeune femme de 23 ans ambitieuse, déménagée à Ottawa pour mes études, je travaillais, je menais ma petite vie tranquille quand cette dernière a basculée du tout au tout. C’est alors que tout a commencé… 

Chapitre 1 : Mai 2015  

C’est après trois années de fatigue intense, de baisse de pression, de maux de cœur et de vertiges de même qu’une année sans avoir de règles et… ah oui!! J’allais oublier le nombre incalculable de fois où je devais aller à la selle chaque jour… que je décidai finalement (orgueilleuse que je suis!) d’aller consulter un médecin pour la première fois. C’est à ce moment que je rentrai officiellement dans le système médical et qui dit médecins dit examens… Ma situation étant inconnue à cette époque, plusieurs examens ont été essentiels. Les résultats de mes examens étant négatifs, j’ai eu droit à de belles rencontres avec une psychothérapeute qui m’apprit à gérer mon stress (stress qui, selon les médecins, était probablement la cause de mes symptômes). J’ai donc commencé à me remettre en question, je ne me sentais pas bien et on ne trouvait pas ce que j’avais, mais je savais au fond de moi qu’il y avait un problème…Plus le temps avançait plus j’étais épuisée, ma concentration lors de mes cours universitaires diminuait de plus en plus (tout comme mes notes d’ailleurs). J’ai donc décidé, malgré moi, de prendre une sabbatique d’université en automne afin de récupérer un peu. Bien entendu, j’ai continué à travailler quand même, mais plus ça allait, plus les symptômes s’aggravaient.  

Chapitre 2 : Décembre 2015  

On rêve tous d’un Noël blanc, mais dans mon cas ce fut plutôt un Noël rouge… Je vous explique, mes symptômes s’étant vraiment aggravés depuis un bon moment, je commençais à avoir beaucoup de sang dans mes selles, et j’avais très mal au ventre, sans oublier cette sensation d’évacuation incomplète qui m’amenait à faire un tour au petit coin plusieurs fois par jour…situation particulièrement gênante (surtout au travail). C’est à ce moment que j’ai décidé de consulter un médecin de nouveau. Ce dernier m’a alors référée à un gastro-entérologue rien de meilleur pour commencer la nouvelle année non? 

Chapitre 3 : Février 2016  

Coloscopie… un mot qui donne des frissons (ou peut-être l’idée de repenser au goût du laxatif qu’il faut boire avant ?), cette intervention fut un événement annonciateur d’une nouvelle assez cruciale pour moi. Je me souviens encore du visage et des paroles du spécialiste après avoir fait le test… «J’ai prélevé une biopsie, je ne peux pas parler avant d’avoir les résultats…mais je ne m’attendais pas à ça, tu es trop jeune… ». Dès cet instant une alarme a sonnée dans ma tête… Est-ce que ça pourrait être…non ce n’étaitpas possible… j’étais trop jeune pour avoir le CANCER! Tout ce dont je me souviens c’est d’être sortie de la salle d’examen avec une boule dans la gorge et d’être éclatée en larme. Je suis donc rentrée à la maison, anxieuse à l’idée de savoir ce qui allait se passer pour les prochaines semaines… 

Chapitre 4 : 8 Mars 2016

C’est après une semaine et demie à angoisser et à me demander ce que j’avais que je me rendis finalement à une rencontre avec une chirurgienne. Je me souviendrai toujours de ce jour,  j’essayais en vain de me convaincre que tout était pour bien aller et je m’étais juré de garder mon sang-froid, mais quand j’ai entendu le médecin dire : « Hey bien c’est très grave! Tu as un cancer du rectum stade 3… nous risquons de devoir t’enlever le rectum, le colon, le gros intestin et l’anus. Tu risques aussi d’avoir une iléostomie pour le restant de ta vie, sans oublier le risque de devenir stérile!» c’est devenu trop d’informations pour moi… Le fait d’apprendre que nous avons le cancer est déjà un immense choc alors d’apprendre les conséquences et tout en même temps, je peux vous dire que votre monde arrête de tourner, que votre cerveau devient saturé et que le temps s’arrête littéralement. Je suis finalement sortie du bureau, le regard vide, les larmes encore coulantes sur mes joues pour ensuite retourner chez moi afin d’annoncer «la bonne nouvelle» à ma famille… 

C’est alors que mon conte de fées s’éteint tranquillement… à cette époque j’avais l’impression d’avoir perdu le contrôle de ma vie, que mon monde venait de s’effondrer…  

Par contre,  je me suis toujours dit que rien ne nous tombera sur les épaules si nous ne sommes pas capables de le surmonter… Il y avait donc deux options qui s’offraient à moi : la première était de m’apitoyer sur mon sort et de jouer à la victime et la deuxième était de voir le positif dans ma situation et de faire confiance à la vie…lâcher prise! Bien entendu ce n’est pas facile, il faut d’abord accepter la situation, mais j’ai réalisé avec le temps que j’avais le CONTRÔLE de mon ATTITUDE et de ma PERCEPTION. Vous comprendrez que j’ai alors choisi la deuxième option pour la suite des choses… 

Valérie

Cet article est présenté par notre partenaire: Hollister