ANA | YAN

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Le pouvoir d'aider

Le 26 septembre 2016, j’ai écrit mon blogue «Je suis infirmière et stomisée».  C’est probablement le blogue qui a le plus fait réagir mes proches, mes collègues et mes amis Facebook, car peu de personnes étaient au courant de ma condition physique.

J’écris des articles pour le blogue ANA&Moi simplement pour aider et inspirer les autres. C’est dans ma nature professionnelle d’infirmière d’agir pour le bien-être d’autrui. Rapidement, j’y ai trouvé un certain réconfort et beaucoup de fierté. Mes articles m’ont permis de cheminer sur le plan personnel et psychologique. Par contre, il est extrêmement rare que je retourne lire mes écrits, car je ne suis pas le genre de femme qui regarde vers l’arrière. Je regarde toujours droit devant.

Dernièrement, l’équipe ANA m’a questionné sur ma carrière d’infirmière, à savoir si je voulais toujours devenir stomothérapeute. À la suite de notre discussion, je suis allée relire mon article du 26 septembre 2016. J’ai vite réalisé qu’il y a tant de choses qui ont changé depuis ces 3 dernières années. Je ne suis plus la même infirmière et la même stomisée d’auparavant.

En 2016, je ne voulais pas que mes collègues sachent ce qui se cachait sous mon uniforme. Je ne voulais pas être vue différemment. De plus, j’offrais des soins et des enseignements simplement cliniques aux patients nouvellement stomisés. J’avais de la difficulté à offrir le soutien psychologique qu’ils avaient réellement. En fait, je ne voulais pas discuter de ma maladie et de ma stomie à qui que ce soit qui était relié à mon travail. J’ai créé une grosse coupure entre ma vie professionnelle et  personnelle. J’étais convaincue que c’était la recette parfaite.

Aujourd’hui, je suis infirmière clinicienne aux soins intensifs. Je ne continuerai pas mes études en stomothérapie, car je suis exactement où je veux être présentement. Mes collègues sont ma deuxième famille. Tout le monde est au courant pour mon iléostomie et je suis fière d’en parler et de répondre à leurs questions. J’ai arrêté d’avoir peur que les autres me perçoivent différemment. Certains de mes collègues me réfèrent à des patients pour faire de l’enseignement, faire des soins de stomie ou tout simplement discuter de mon expérience personnelle.

J’ai réalisé que je n’avais pas besoin d’être stomothérapeute pour aider cette clientèle. En réalité, je n’ai même pas besoin d’être infirmière pour offrir mon soutien, pour faire de l’enseignement ou encore, briser les tabous et les fausses croyances. Depuis ces dernières années, j’ai finalement décidé d’enlever cette grosse coupure que je m’étais créé.

Finalement, il n’y a pas de recette parfaite pour offrir son soutien. La recette varie en fonction de votre zone de confort, de vos ressources et de vos perceptions. En 3 ans, la recette change, c’est normal, on évolue. Ma formule va continuer de changer et je vais continuer d’aider comme je peux.

Laurie-Anne

Présenté par : Hollister