Oser les voyages avec une stomie

Nous avons tous des projets auxquels nous aspirons, qui nous font rêver et qui nous font jalouser lorsqu’on voit les autres les réaliser. On a tous des craintes aussi, que nous utilisons comme prétexte pour ne pas réaliser nos rêves. À mon avis, l’être humain est trop souvent rationnel et pèse trop les pours et les contres. Nous devrions être plus vivants et plus impulsifs.

Quels étaient vos rêves avant d’avoir votre diagnostic, votre stomie? Sentez-vous que votre condition actuelle peut restreindre votre capacité à réaliser certains rêves? Même si nous avons tous la même condition, nous n’avons pas tous la même réalité. Certains auront plus de fuites, plus de restrictions, plus de complications... Si ça prend déjà du courage et de l’audace pour accomplir ses rêves sans condition médicale particulière, comment moi je suis supposé y arriver? Est-ce que vous croyez qu’il y a vraiment un moment pour être prêt à se lancer?

J’ai toujours aimé les voyages de type «backpack», même si je les ai faits tout en conservant un peu de confort dans les dernières années. Je rêvais de faire un «trek» de quelques jours dans la jungle, dans la forêt ou dans les montagnes. Je rêvais de ne voir presque aucune civilisation pendant quelques jours et de vivre avec mon sac à dos. J’espérais être un jour assez à l’aise avec ma condition pour être loin des salles de bain pendant plusieurs jours sans craindre les fuites ou les incidents et de pouvoir cesser de me soucier de la nourriture qu’on allait me servir.

Dans ma tête de fille trop rationnelle, j’ai évidemment pesé les pours et les contres :

POUR :

  • découvrir d’autres cultures
  • vivre des expériences inoubliables
  • voir des paysages à couper le souffle
  • rencontrer des gens des quatre coins du monde
  • sortir de ma zone de confort
  • dépasser mes limites
  • devenir «fearless»
  • être fière de moi

CONTRE :

  • «Capoter» pour rien.
  • «Capoter» pour tout.
  • Construire tout plein de scénarios exagérés sur les pires fuites possibles.
  • Avoir à changer mon sac 3 fois avant les départs.
  • Apporter beaucoup trop de collations (barres protéinées, cannes de ton, gruau, sachet de poudre de remplacements de repas… Un moment donné, c’est lourd).

Vous voyez bien que les pours en valent la peine. J’ai entrepris mes premiers treks lors de mon dernier voyage au Pérou. Nous avons choisi de bonnes compagnies permettant de s’assurer que je pourrais bien manger pendant le séjour. J’avais confiance en ma partenaire de voyage et je m’étais préparée à toutes éventualités. Je savais que nous trouverions une solution à tout.

Stéphanie au Pérou en 2017

Stéphanie au Pérou en 2017

Je doute qu’un jour je pourrai entreprendre des aventures comme celle-là avec confiance et avec une attitude calme. Mais, il faut dire que c’est le stress que j’ai vécu lors de ma préparation qui m’a permis de vraiment être prête à toutes éventualités.

« On a deux vies. La deuxième commence quand on réalise qu’on n’en a qu’une. »
- Confucius

Prenez des risques. Soyez fous, impulsifs, vivants et insouciants.

Stéphanie

Présenté par : Pro Assist